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    L’horreur ne fait pas peur quand elle est humaine…

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    flceoap
    Chasse Poulet
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    L’horreur ne fait pas peur quand elle est humaine…

    Message  flceoap le Sam 20 Déc - 3:09

    Voilà un texte que j'ai écris il y a des années :


    « – Mmmph… Je sais déjà ce que vous pensez. Vous vous dîtes que je suis un de ces jeunes débiles pour lesquels la vie est trop dure à cause de leur jeunesse passé dans un cocon moelleux et imperméable à la réalité ! Mais je suis pas fou, juste un peu trop sensible dans ce monde où la xénophobie est devenue une qualité…
    Ca y est, il m’a déjà énervé ce connard ! Sa façon de s’asseoir avec ses gestes pleins d’assurances, son sourire condescendant, ses petites lunettes noires rondes, ses cheveux plaqués, sa chemise blanche repassée par sa femme qui se maudit d’avoir fait confiance à ce psychologue bonimenteur, son pantalon impeccable, sa montre clinquante et ses chaussures de ville à 2000 balles la paire faisaient naître en moi un sentiment de mépris ! Et le comble fut quand, étant bien assis en face de moi, avec son regard de carnassier que j’imaginais derrière les verres de ses lunettes, il me dit trois mots qui m’enragea : Dites-moi tout. Ma réponse eût au moins pour effet de lui enlever son sourire. Et après quelques instants totalement inutile (comme ceux perdu dans les transports en commun quand on ne fait rien, que l’on ne pense à rien, etc...). Il se pencha légèrement et garda son silence. Et mon esprit se mit à raisonner rapidement : ma mère m’avait offert ces heures chez le psy. pour mes 18 ans, alors je n’allais tout de même pas les gâcher… Je pris donc une grande respiration, et tout en me disant que c’était étrange qu’il n’y avait aucun canapé dans ce cabinet, je me mis à parler pour rentabiliser la perte de l’argent de ma mère…
    – Je crois que tout à commencé alors que je prenais une douche. En-fin, j’ai réalisé à ce moment-là que j’avais un problème… Je sentais l’eau chaude caressant ma peau, tous mes muscles étaient au repos et je chantais des paroles qui se firent lancinantes : « Le jour s’est levé sur une étrangeté, je crois que j’ai rêvé que ce soir je mourrais… ». A cette époque, j’étais en pleine déprime profonde à cause d’une déesse qui a tout simplement ignoré mon amour… Mon esprit partait en roue libre : la mort et la tristesse m’hantaient alors que le soleil de juin était resplendissant. Et je ne m’intéressais plus à rien. Je me suis ainsi mis à pratiquer du foot. J’avais toujours eu horreur de ça, mais au moins, tant que je faisais du sport, je ne réfléchissais pas à mes soucis car mon esprit était vide et totalement obnubilé par le ballon… Et dès que l’on me faisait une mauvaise passe ou quelque chose de pourri, je rentrais dans une colère dont je ne me croyais pas capable de ressentir ! Je de¬venais alors une boule de haine et à chaque fois manquait de me battre avec mes potes…
    [A cet instant précis, je me suis souvenu du début de ma phrase :]
    – Et c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à divaguer, et à changer de sujet à chaque subordonnée ! Je disais donc que tout à débuté alors que je me douchais. Je vis sur une paroi une de ces araignées volantes totalement inoffensif…
    [Mon cœur se mit à accélérer son rythme, et je commençais par respirer difficilement :]
    – Dès que je la vis, je fus paralysé sur le coup. Mes yeux ne pouvaient plus la quitter. Mon esprit se répétait sans cesse que je fixais la mort en face. Je ne pouvais même plus entendre le bruit de l’eau sur le bac, ni son écoulement dans les tuyaux. Toutes les parties que je contrôlais de mon cerveau étaient perquisitionnés par mon instinct pour tenter d’éviter l’attaque foudroyante de ce prédateur imprévu ! Une éternité s’écoula. D’ailleurs comme disait le célèbre philosophe juif Woody Allen : « L’éternité c’est long, surtout vers la fin… ». [Un silence de ma part :] Vous voyez, je recommence à divaguer…Enfin bref, je fus sorti de ma torpeur grâce ma mère qui me hurla dessus parce que j’avais pompé toute l’eau chaude… Je ne l’écoutais même pas, j’étais trop heureux de voir que mon tueur potentiel était parti… Mais à partir de là, tout s’empira…
    [Alors que je dis ça, j’étais prostré sur mon siège totalement en état de choque, et le psychologue qui n’avait pas encore quitté sa position du départ rapprocha sa tête vers moi et prit une voix qui grondait de manière analogue à un tonnerre gigantesque causé par Golgotha :]
    – En réalité, vous n’avez peur que d’une chose, que j’arrive à sa¬voir ce que vous pensez… Que je vois clair en vous comme dans un livre vous panique ! Mais j’y suis déjà pénétré, à l’instar de l’Alien qui pénétra dans le corps de Sigourney Weaver !!! HAHAHA !!!
    [Son cou est maintenant démesurément grand, sa tête fait deux fois la taille de mon buste, ses yeux gigantesque sont d’un jaune uniforme (« où sont ses lunettes ? »… Nan, ce n’est pas le moment de perdre mes esprits et à m’occuper de n’importe quoi…), et une espèce de langue de vipère sort de sa bouche…]. Je voulus alors détourner mon regard de ce monstre et je vis les murs se transformer. La pièce devenait une sphère parfaite, et la porte, tout comme le coloris des murs avaient disparu : le violet laisser place à un noir insondable sur lequel se déplaçait de manière totalement aléatoire et désordonné des flèches rouges-bordeaux qui semblaient vraiment ne suivre aucune logique. Je m’aperçus alors que mon fauteuil avait disparu aussi et que je flottais dans l’air totalement recroquevillé sur moi-même. Je regarda de nouveau en face de moi et vit que le psy. était debout et que c’était tout les meubles qui avaient disparus ! Il était droit comme un piquet, ce qui me permit d’imaginer la gigantesque taille de cette sphère où je me tenais prison¬nier présentement… Son cou immensément long s’était enroulé plusieurs fois autour de lui-même car malgré tout il ne rentrait pas complètement déplié dans la sphère sinon… Sa tête hochait de gauche à droite dans un balancement qui me paraîtrait totalement ridicule dans d’autres circonstances… Mais la bave au reflet verdâtre qui s’écoulait du gouffre lui servant de bouche me fit comprendre que ce n’était pas une situation risible… Et c’est là que je remarqua ses mains. Alors que sa main droite allait parfaitement avec le reste de son « corps » (effectivement, elle est verte et totalement difforme), celle de gauche me choqua : elle me paraissait avoir la douceur et la grâce d’une main féminine… C’est peut-être ce contraste qui m’effraya le plus ! Je m’étais déjà habitué à l’horreur de la scène et à la monstruosité du psy., mais la beauté de sa main délicate alliée au reste de son corps me remplit d’une peur panique et complètement in-contrôlable ! Le reste des évènements me prouvèrent, s’il en était nécessaire, que j’avais raison d’être paniqué ! Le Monstre Mental approcha sa belle main gauche de mon crâne (j’étais tétanisé par la peur, et pourtant je mis à penser qu’il n’avait pas besoin de manucure…), et de son index toucha mon front, et une indicible douleur vrilla dans mon cerveau ! Et instantanément, je me trouva à l’extérieur de mon corps : je voyais la scène comme si je faisais parti du décors. Mon corps était totalement inerte, aucun muscle ne réagissait, ma mâchoire par contre était crispé, et mes yeux fermés. Ma boîte crânienne s’était fendu en deux, et mon cerveau s’extirpa seul de cette prison qui avant ne servait qu’à le protéger. Le Monstrueux Salaud fit deux-trois tours de passe-passes avec ses mains, et sur la surface de mon cerveau qui flottait depuis qu’il s’était extirpé de sa cage dorée, apparurent les images qui constituaient mes souvenirs…
    Mais tout ça ne me concerne plus, je viens de comprendre pour¬quoi ma vision de la scène changeait sans cesse : je me déplace partout dans la sphère car je suis devenu une des flèche rouge qui parcourt sans cesse la surface de cette salle à la recherche d’une issue impossible. En tant que flèche, je ne me déplace plus que vers l’infini…

      La date/heure actuelle est Jeu 23 Nov - 2:06